Entrepreneure et écrivaine, fondatrice de JOONE Paris
Carole Juge-Llewellyn
Une thèse de littérature, une marque créée de zéro, et la conviction que le format long n’est pas mort.
Parcours
Née en 1983, Carole Juge-Llewellyn a d’abord été comédienne, puis chercheuse : une thèse de littérature à la Sorbonne, un MBA aux Ponts et Chaussées. Un parcours qui ne mène nulle part en ligne droite, et c’est précisément ce qui l’intéresse.
Elle fonde JOONE Paris et découvre l’entrepreneuriat par l’intérieur : la croissance, les nuits blanches, le prix payé par les autres sphères. La métaphore des cinq balles de Brian Dyson, elle ne l’a pas trouvée dans un livre de management : elle l’a vécue.
Chroniqueuse sur M6 et BFM Business, elle porte dans SPHERE5 la conviction qu’on peut parler sérieusement sans être sérieux, et qu’une conversation d’idées peut être populaire.
« On nous a dit que le format long allait à contre-courant, que les gens n’avaient plus le temps. On a fait le pari inverse, celui de la profondeur et de la sincérité. »
Ses 5 sphères
Cinq images, cinq sphères. La règle qu'on applique à chaque invité, appliquée à nous-mêmes.
Je dis souvent, en souriant, que j’ai quatorze frères. Ils ne sont ni quatorze ni réellement mes frères, mais ce groupe d’entrepreneurs m’accompagne depuis plus de dix ans.
Ce sont des amis avec lesquels j’échange presque chaque jour, qui connaissent mes joies, mes doutes et mes combats, et qui constituent un cercle de confiance d’une rare bienveillance.
À leurs côtés, il y a aussi des femmes merveilleuses qui partagent mon quotidien, que j’aime profondément et qui m’aident toujours à prendre du recul, à remettre les choses en perspective et à retrouver ce qui compte vraiment.
Ma famille ne se résume évidemment pas à mon fils. J’ai la chance d’être entourée d’une famille aimante, présente, avec laquelle je partage des liens solides.
Pourtant, c’est lui qui incarne le mieux cette sphère, parce que je l’élève seule et que la responsabilité de construire son avenir repose largement sur moi.
L’amour très fusionnel qui nous unit est aussi ce qui me pousse, chaque jour, à aller plus loin, à tenir lorsque je doute et à me dépasser dans tout ce que j’entreprends.
Mon ordinateur est probablement l’objet qui me quitte le moins. Il m’accompagne en vacances, en voyage, en concours et dans presque tous les moments de ma vie, parce que j’ai besoin de pouvoir travailler et de rester utile.
Je déconnecte très peu, mais je le vis plutôt bien, car le travail ne représente pas seulement pour moi une obligation ou une ambition personnelle. Il me permet d’être utile à mes collaborateurs, à mon comité de direction, à mon associée Ophélie et, plus largement, à la société.
C’est dans cette utilité, dans le fait de construire et de contribuer, que je trouve une grande partie de mon accomplissement.
Le cheval est à la fois mon plus grand défi sportif et ma principale soupape de santé mentale. C’est l’espace que je garde pour moi, celui dans lequel je retrouve de la joie, de la concentration et une forme de liberté.
C’est aussi ce qui exige le plus de mon corps et ce qui m’a parfois fait le plus souffrir, avec cinq opérations successives de l’épaule après une chute.
Pourtant, je continue, parce que ce sport me fait autant de bien moralement et mentalement qu’il peut me coûter physiquement. Il me fatigue, il me met à l’épreuve, mais il me répare aussi.
J’ai pris cette photo de la basilique Saint-Pierre la veille des funérailles du pape François. J’étais très attachée à lui et, lorsque j’ai appris sa disparition, j’ai ressenti le besoin de monter dans un avion, d’aller à Rome et de me recueillir devant sa dépouille.
J’ai reçu la foi lorsque j’étais jeune, et cela reste le plus beau cadeau que l’on ait pu me faire. Chaque jour, je remercie Dieu pour ce qu’elle m’apporte : la force de continuer, l’espérance dans les moments difficiles et la capacité de poser sur le monde un regard d’amour, même lorsqu’il serait plus facile de céder au découragement.
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